07 avr
Salon du cabriolet, coupé et SUV 2008. Sans prétention, BMW impose ses choix au marché avec le X6, SUV vengeur aux allures de coupé. Un vent nouveau sur le segment des 4×4. Plutôt grosse tempête ou brise passagère ? Pris la main dans le SAC (Sport Activity Coupe), Edouard Chiffe, attaché commercial de BMW Paris, souffle dans la bonne direction.
Edouard Chiffe, vous présentez le X6, chaînon manquant entre le SUV de luxe façon X5 et un coupé aux aspirations sportives. Un curieux mélange…
BMW lance un concept totalement nouveau : celui d’un coupé quatre portes, quatre roues motrices, surélevé façon 4×4. Une manière d’apporter un peu de fraîcheur à côté des X3 et X5, SUV assez conventionnels de la lignée bavaroise. Le X6 répond à quelque chose de totalement différent, avec un design racé, qui rappelle celui d’un coupé, mais gonflé pour se rapprocher du SUV.
Le mariage d’un SUV et d’un coupé n’est-il pas prématuré ? Est-ce que l’on n’assiste pas, avec le X6, à une union contre nature ?
Je ne crois pas. Toute marque confondue, les motorisations des 4×4 tirent vers le haut. Dès lors, pourquoi ne pas concrétiser cette donnée sur un modèle foncièrement nouveau. C’est le cas du X6, qui arrive sur un marché sans concurrence.
Etre sans concurrence ne garantit en rien le succès commercial. N’avez-vous pas peur de proposer un véhicule qui ne correspond pas aux attentes. En somme, le X6, mi-coupé, mi-SUV, n’est-il pas hors cible ?
Si l’on regarde les chiffres à proprement parler, les 4×4 et autres coupés ne faiblissent pas sur le marché. La demande reste stable. L’intérêt du X6 est de capitaliser cela, en bénéficiant du confort d’un SUV, pouvoir dominer la route grâce à une position de conduite très agréable. Se sentir plus en sécurité aussi. A côté, pas question d’avoir entre les mains un véhicule pataud, aux réactions molles. Il existe une demande pour ce type de produit à la croisée des chemins, qui n’est pour le moment pas satisfaite. C’est la mission du X6.
Aujourd’hui, n’y a-t-il pas trop de segments ? SUV, coupé, SUV à moitié routier, 4×4 pas totalement coupé. Qui s’y retrouve ?
Il faut savoir ce que l’on cherche. Chez BMW, les berlines, coupé et SUV représentent le gros de notre clientèle. Les ventes l’attestent. Après, nous avons l’obligation de segmenter au maximum pour, ensuite, proposer le produit qui va correspondre le mieux aux attentes.
Le X6, un pari risqué ?
C’est l’apanage de toute nouveauté. Maintenant, si je peux parler de risques, ils sont calculés. Pas question de partir à l’aventure avec le X6. Nous proposons un modèle haut de gamme, excellemment fini. BMW a mis de très gros moyens pour parvenir à un tel résultat. Si pari il y a, il est en grande partie réussi au vu du résultat final.
“DEUX SECONDES AU TOUR MIS A UNE MASERATI 4200 GT”
Sous le capot, comment se concrétisent les envies sportives du X6 ?
Commençons par les motorisations diesel : l’une de 3 litres et 235 ch, que l’on retrouve sur le reste de la gamme, l’autre de 3 litres à deux turbo et 286 ch. Passons à l’énergie essence avec un 3 litres bi-turbo, déjà présent sur la Série 3, ici poussé à 306 ch. Mais surtout, le X6 est indissociable du moteur 50i, 4,4 litres V8 qui lui est entièrement dédie. 450 ch dans l’estomac.
En termes de performances, ça se traduit comment ?
Avec cette motorisation exclusive, le X6 met deux secondes au tour à une Maserati 4200 GT sur circuit.
Un bémol cependant. En ces temps de moralisation et de prise de conscience écologique, BMW fait la sourde oreille à bord du X6 : jusqu’à 300g de CO2 rejetés par kilomètre avalé. Vous ne vous sentez pas un peu coupable ?
Pas du tout. Il faut mettre le taux de C02 en face d’un produit. Vous m’auriez dit 300 grammes expulsés par une berline de 4 mètres, là oui, il aurait été inconscient de notre part de proposer un tel véhicule. Maintenant, le X6 mesure 4,90 mètres pour 300 ch. L’agrément est au rendez-vous. Il ne faudra débourser “que” 1600 euros de malus, contre 2600 euros en moyenne chez nos concurrents. Encore un fois, nous sommes en avance.
Des données à nuancer. Ces émissions record sont obtenues par le seul X6 50i, 4,4L V8, un modèle essence pas en odeur de sainteté sur le marché français…
Résolument tourné vers le diesel effectivement. Le gros des ventes se fera sur les modèles 3 litres et 3,5 litres bi-turbo diesel. Certaines personnes se permettront peut-être une petite folie en choisissant le 50i. Mais soyons honnête, elles seront minoritaires.
Quelques informations pratiques pour conclure. BMW X6, prévu pour quand, à quels tarifs, avec quels délais d’attente ?
Le X6 sort officiellement le 31 mai 2008. La période de disponibilité s’étend de fin juillet à la rentrée prochaine, ce qui n’est pas délirant. A l’époque du X5, uniquement produit en 4,4 litres essence rappelons-le, il fallait compter une bonne année de délais. Ramenés à trois mois sur le X6. Pour ce qui est des tarifs, tout dépend de la finition. En luxe, la gamme démarre avec le 3 litres diesel à moins de 65 000 euros. La version exclusive monte à 70 000 euros, coiffée par le X6 3 litres double turbo, aux alentours de 75 000 euros.
Au final, pas trop cher pour un SUV ?
Regardez le produit : très bien fini, un niveau d’équipement haut de gamme, pas d’option en version exclusive qui comprend d’office la caméra de recul et le toit ouvrant. A équipement équivalent, le X5 coûte le même prix. Il suffit juste de savoir dans quelles eaux vous souhaitez naviguer : soit le courant coupé quatre portes SUV avec le X6, ou bien un affluent moins agité, plus serein, comme le X5.
Propos recueillis par Mathieu Bellisario
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