Mondial de l’Auto Paris 2008 : Mercedes S 600 Pullman Guard
Bien loin de la discipline ambiante éco-durablo-citoyenne de ce Mondial 2008, il reste tout de même de la place pour l’esthétique de la démesure. Ici, ce sont les derniers relents de néo-guerre froide qui semblent avoir inspiré les développeurs de la S 600 Pullman Guard…
Tout dans le gigantisme : 6,3 m de long, 6 cm de garde au toit supplémentaire par rapport à une Mercedes Classe S déjà imposante. Même une Maybach 62 lui rend quelques centimètres. Mais pour une fois, le bon mètre supplémentaire est plutôt bien intégrée à l’ensemble. La prestance de la Classe S est à peu près préservée. Visuellement du moins, car sur la route, c’est une autre histoire.
Le label Guard, c’est toute une lignée de limousines de très haute sécurité remontant au début des années 1930. Chefs d’état, personnalités politiques de tout temps, plus ou moins sulfureuses font depuis longtemps appel à ces véritables forteresses roulantes. La S 600 Pullman Guard a reçu un blindage de carrosserie et de vitres classé B6/B7 ( il faudra en juger par l’épaisseur des vitres latérales ), un extincteur et un réservoir auto-régénérant, comme sur les avions de chasse… Le niveau de protection ainsi offert permet de résister à des armes d’assaut de type AK 47, grenades offensives et autres charges explosives durant au moins quelques minutes. Alors fatalement, le poids total que nous avions annoncé à près de 3 tonnes est largement dépassé. Verdict : environ 3,8 tonnes. Contrairement aux autres préparations post-production, la S600 Guard a été directement assemblée dans les ateliers spécialisés Guard, à Sindelfingen, avant la finalisation. De quoi faire de la traversée des Balkans un long fleuve tranquille.
Sous le capot : minimum vital
Pour ébranler le bunker étoilé, le V12 de la S 600 classique était le minimum requis. Le gros bloc 5,5 l biturbo de 517 ch ne subit pas de modification, mais son couple de 830 Nm devrait suffire à prendre la fuite en cas de coup dur. Des pneumatiques à roulage à plat Michelin Pax sont d’ailleurs fournis d’office. Ce qui nous amène au châssis, qui a subi, outre les renforts de blindage, d’importantes modifications visant à rigidifier l’ensemble. Tirants supplémentaires et suspension pneumatique renforcée devraient laisser une agilité symbolique à la S 600 ainsi bardée.
Cette S 600 un peu spéciale s’appelle aussi Pullman, en référence aux lignes ferroviaires les plus prestigieuses du début du siècle dernier. Naturellement, l’agencement est à la hauteur du patronyme. Une multitude de choix de cuirs, coloris et matériaux est proposée au client. Idéal pour continuer à travailler durant un transfert d’aéroport, l’arrière peut accueillir quatre passagers en vis-à -vis. Boiseries à profusion, rangements, tablettes d’écriture… Nos têtes couronnées profitent également de réglages électriques des sièges arrière, et pourront s’isoler au moyen d’une vitre électro-opacifiante. Pas de mélange des genres, même si votre chauffeur est un parfait gentleman… Les nostalgiques de l’Orient Express seront ravis : les régions autrefois traversées par le train des Rois sont aujourd’hui nettement moins sûres…
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Antoine Arnoux









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