Essai : Wiesmann MF3 2009

Publié par Antoine Arnoux le 26 janvier 2010

C’est par elle que tout a commencé pour les frères Wiesmann, fondateurs de l’éponyme entreprise initialement consacrée aux hard-tops pour cabriolets. En 1993, la MF3 est présentée, donnant naissance au principe de sportive à l’ancienne, intégrant des solutions modernes. Dix-sept ans plus tard, la gamme s’est étoffée et le petit roadster allemand assure désormais l’entrée de gamme du catalogue Wiesmann.

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Wiesmann? Comme les chaudières? La blague est facile mais nous l’aurons entendue a plusieurs reprises. Un automobiliste en Porsche 911 3.2 s’arrête à notre auteur et s’enquiert du pedigree du roadster immaculé. Enfin, quelqu’un qui semble un peu plus au fait des productions ésotériques de Dülmen. Exclusif, le mot est faible : avec environ 600 MF3 et 80 GT MF4 en circulation en Europe, autant dire que les productions Wiesmann font figure de licornes. L’anti-grande série par excellence…

En tout cas, la MF3 aura été un excellent vecteur de sympathie. Comme tout ce qui a un goût rétro dans l’automobile, d’ailleurs… Par ses lignes d’abord, parfait exercice de style néo-classique : ses proportions et son architecture renvoient droit dans les années 50. Roadsters Jaguar XK ou Austin Healey en inspiratrices, et galbes modernes débouchant sur une calandre ovale chromée ( en métal, loin du plastique du tout-venant automobile! ). Nombreux sont ceux qui tiqueront sur ces rondeurs ( optiques, passages de roues, décrochement d’ailes arrière ) presque caricaturales des anglaises classiques, et on préfère la contempler dans son ensemble pour en saisir l’harmonie.

Ce qui surprend le plus, c’est le degré d’aboutissement de la MF3. L’équipement est bien sûr minimaliste ( pas de vitres électriques, ni d’airbags ou de climatisation ). Rarissime pour une production quasi-artisanale, la qualité de réalisation et le raffinement offerts sont à l’opposé de nos sportives habituelles. Aucun élément n’est partagé avec la grande série, hormis… la clef de contact BMW. Bien sûr, quelques détails auraient pu être plus soignés, comme des rétroviseurs peu valorisants ou une vitre de capote en plastique léger. Mais pour le reste, c’est du grand art : aucun plastique apparent ou presque dans l’habitacle, tout est recouvert de peausseries de premier choix ( même les seuils de portes ) personnalisables à l’envi. Cuirs et surpiqûres parfaitement ajustés, loquets métalliques, splendides baquets capitonnés, frappés du lézard et renforcés d’une coque couleur carrosserie… Ambiance baroque et hédoniste garantie, renforcée par l’instrumentation complète située au centre et orientée vers le pilote. Pour la lisibilité, on fait mieux. Mais on se concentrera sur la route et le minuscule volant posé sur les genoux…

Le premier contact sera… physique! Pour se frayer une place à bord, mieux vaut décomposer ses mouvements en souplesse. Une main sur le pare-brise, un pied glissé sous le volant, on se laisse couler dans le baquet en évitant d’effleurer les parois de l’écrin. Tour de barillet, pression sur le bouton « start » : un 6 en ligne bavarois s’ébroue, dans un feulement rauque typique…


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Commentaires :


  1. Philippe dit :

    Très bel essai. Une voiture qui sort de l’ordinaire. Concernant le train avant flottant, il reste la solution du sac de sable….
    Continuez à nous faire rêver.

  2. Rémy dit :

    Très sympa cet essai. Tu as eu la chance d’essayer un moteur de chez BMW Motorsport snif… dans une voiture artisanale pleine de charme.

    Merci de continuer à me faire rêver Antoine !

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