Mégane RS F1 Team R26: ramage et plumage
Silence! Moteur…
Bon. Insérons la carte-clé à l’emplacement prévu à cet effet, et actionnons le bouton Start… Le doute s’envole. Sourire jusqu’aux oreilles, on baisse les vitres pour profiter de la sonorité sourde de l’échappement retravaillé. Au ralenti, le 4 cylindres 2 litres suralimenté est déjà prometteur. Le bloc F4rt 16 soupapes voit sa cartographie retravaillée: de quoi porter la puissance à 230 ch à 5500trs/mn et le couple maxi à 310 Nm à 3000 trs/mn. Peu présent à bas régime, le moteur fait parler la poudre dès l’entrée en scène du turbo. Et là , c’est un régal pour les sens: sans être vraiment brutales, les accélérations sont franches et efficaces. On se surprend à rester en haut du compte-tours pour mieux apprécier le sifflement du turbo. Quelle voix! Et dans les tunnels, des vocalises de cantatrice… La transmission 6 rapports au guidage et à l’étagement optimal s’accorde parfaitement avec le caractère du moteur: jouer du levier n’a rien d’un calvaire, au contraire! Les chiffres sont à la hauteur du ramage de l’oiseau: 6,5s pour le 0 à 100 km/h, 26,6s pour le 1000 m D.A, 236 km/h en pointe. Cette Mégane énervée n’en garde pas moins une grande facilité d’utilisation au quotidien: si il ne rechigne pas à tutoyer le rupteur (6900 trs/mn), le 2 litres brille aussi par sa souplesse de fonctionnement, conférant à cette Mégane R26 une polyvalence rarement vue sur une sportive aussi efficace. Menée en bon père de famille, elle reste agréable à vivre: l’échappement, quoique toujours présent, ne sollicite pas trop les tympans en conduite calme. Tout juste relèvera-t-on un amortissement sec sur chaussée dégradée, assez fatiguant sur de longs trajets.
L’amortissement, parlons-en! Le train avant revu est l’un des atout-maîtres de notre compagne d’un jour: vif et très équilibré, le châssis surprend par son caractère de gros kart. La R26 se place avec une grande facilité, et permet d’accélerer à la corde sans arrière-pensée… Pour les moins téméraires, l’ESP (déconnectable) veille. Relevons que la R26 s’octroie les services d’un différentiel à glissement limité, absent de la RS classique, dont profite la motricité. Le freinage se montre à la hauteur: les disques de 312 et 300 mm se montrent puissants et endurants. Presque une pistarde! Les plus pointilleux regretteront le relatif manque de maintien des baquets en pilotage « guerrier »…
Après notre escapade sur ces routes franciliennes, le bilan est sans appel: la Mégane R26 est une des sportives les plus attachantes qui soient.
Seul point noir, la consommation en conduite sportive frise les 16 l/100km.
Antoine Arnoux



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