28 mar
Posté par: Anne-Charlotte Laugier dans: Interview
Brillant avocat, auteur d’ouvrages sur le droit (le plus connu étant “L’abus de bien social” en 1994), impliqué dans la politique locale et passionné de voitures, Francis Dominguez prend la parole et nous fait plonger dans son univers automobile…
Je pense qu’un homme qui n’a pas aimé les voitures au moins durant une période de sa vie, ça n’existe pas… Pour ma part, j’ai travaillé dur pour acheter ma première voiture ! C’était une Gordini Renault d’occasion… Je me souviens qu’à l’époque, on portait tous en nous le rêve américain. On s’extasiait sur la Porsche - hors de portée pour les communs des mortels - d’un certain James Dean… Avec mes amis, on lisait des revues comme «Salut les copains» ou «Podium» et on rêvait sur la Rolls Royce que les Beatles avaient peint en or ou sur le bolide de Marlo Brando. J’ai une anecdote qui m’a marqué : le torero El Cordobés avait dit que s’il pouvait un jour se payer une Rolls Royce, il la donnerait aux pigeons. Et pour montrer qu’il était au-dessus de tout besoin matériel, il l’a fait ! Il a mis cette voiture mythique dans un pigeonnier sans même l’avoir conduite ! J’avais 13-14 ans à cette époque-là … Ca marque. Parenthèse fermée, quelques années plus tard, à force de perséverance, j’ai craqué sur la Mustang. D’occasion toujours… Ca coûtait une fortune à l’époque: 5000 francs, je m’en souviendrai toujours. Alors que les salaires étaient d’environ 300 euros par mois… Puis j’ai jeté mon dévolu sur une Fiat qui m’a rapidement déplu, malgré son moteur pas trop mal. Porsche Cayenne, Audi, BMW… J’ai tout eu par la suite, passion oblige ! Aujourd’hui bizarrement, je préfère ma mini de la fin des années 1970 : pas de direction assistée, conduite au ras-du sol: je retourne vers le vrai plaisir du pilotage !
“La voiture appartient à l’histoire de l’humanité”
Il y a vingt ans, la voiture, c’était comme la télé couleur: un luxe. Aujourd’hui, c’est un besoin. Un besoin qui pollue et qui doit répondre aux normes écologiques. On se destine à conduire des voitures hybrides. S’agit-il encore d’automobile? Malheureusement, je pense que 60% du parc Automobile français est à mettre à la poubelle. Mais que, compte tenu de la situation économique, ça relève de l’utopie de pouvoir s’en débarasser. Niveau sécurité, nous sommes des Latins et nous avons besoin d’être freinés, sinon nous sommes incontrôlables! Et les résultats sont là : nous sommes passés de 14 000 morts à 3000 par an sur les routes… Pour ma part, je me suis mis à la moto, au circuit avec ma S4 et au Quad pour avoir mon quotat d’adrénaline! Je constate que les radars et les limitations de vitesse développent la participation des sports extrêmes.
Question écologie, l’idée de centre-ville interdit aux voitures comme à Londres, par exemple, est fantastique. Mais le problème est le suivant: les français n’accepteraient jamais de payer un impôt comme les anglais pour avoir accès au centre-ville. Et puis, quelle philosophie : si vous avez de l’argent, vous pouvez polluer !
Au final, la voiture appartient à l’histoire de l’humanité…
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