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Rencontre avec un pilote raisonné, mais loin d’être résigné : Xavier Pompidou nous livre sa vision de la compétition automobile par rapport aux enjeux actuels.

Vous êtes pilote professionnel depuis 1992. Jusqu’à présent, vous avez essentiellement consacré votre carrière aux courses d’endurance. Parlez-nous un peu de votre parcours…
Je suis venu à la compétition automobile par un parcours tout naturel: mon père courait en amateur, j’ai donc très tôt côtoyé ce milieu et l’ambiance des paddocks. Vers 12 ans, j’ai fait mes 1ère armes en karting où j’ai été vice-champion du monde à 17 ans, et à partir de 18 ans, je suis passé à la monoplace en remportant le volant Elf et en intégrant la fameuse “filière Elf” jusqu’en F3. Faute de moyens, je me suis tourné vers l’endurance, où j’évolue depuis 1998. Aussi bien en GT qu’en proto, même si depuis 4 ans, je ne courais quasiment qu’en GT.

Vous n’avez jamais pensé à la F1?
Je n’y pense plus. En sport automobile, les passerelles sont aujourd’hui beaucoup plus réduites qu’il y a quelques décennies. Une écurie engagée en endurance peut faire appel à un Prost, Panis ou autre sommité de la F1 : d’un point de vue médiatique, leur notoriété le permet. L’inverse est rarissime. Et puis, l’esprit n’est pas le même…

A ce propos, comment décririez-vous l’état d’esprit général des course d’endurance LM Series?
J’apprécie beaucoup les rapports humains, très conviviaux. Même si aujourd’hui, les essais et mises au point sont beaucoup plus prenants, on arrive malgré tout à consacrer du temps aux autres, et l’ambiance reste assez fraternelle. On peut très bien partager du temps et nouer des liens avec des rivaux sur la piste, sans arrière pensée. J’aurais aimé courir en F1 dans les années 60 à 80, du temps des Stewart, Clark, Fittipaldi, Laffite… Il y avait moins d’argent en jeu, plus de fair-play. En dehors des essais, les pilotes pouvaient se retrouver et faire la fête ou du sport ensemble! Bien sûr, cela est difficilement envisageable aujourd’hui, lorsqu’on voit que même des dissensions se créent au sein des écuries de F1. L’efficacité y prime sur la méthode, parfois assez peu « gentleman », ce qui n’est pas le cas en endurance.

Par rapport à l’actualité, comment réagissez-vous par rapport aux enjeux écologiques et au climat globalement hostile à l’automobile?
Au niveau environnemental, on se rend compte aujourd’hui que nous n’avons plus le choix et que des changements s’imposent. D’ici quelques décennies, avec la diminution des réserves pétrolières, les Grands-Prix ne se feront peut-être plus à l’essence… Après, concernant la fronde contre le sport automobile, il faut rappeler que la plupart des progrès techniques dont bénéficient les voitures de série est issue de la compétition. La recherche de performance passe par l’économie d’énergie, le gain de poids et le travail sur l’aérodynamique. En F1, le règlement incluera bientôt l’obligation d’un système de récupération d’énergie au freinage. Et puis, l’impact environnemental d’un Grand-Prix est anecdotique : le bilan écologique d’une journée de périphérique parisien est nettement pire…

Justement, concernant les récentes évolutions en sport automobile, que pensez-vous de la présence de diesels en compétition depuis quelques années? (Audi avec les R10, BMW avec des 320d en Allemagne…)
L’enjeu tient plus du marketing qu’autre chose. Aujourd’hui, près des trois quarts des voitures vendues en Europe sont des diesels. Outre la dimension de laboratoire de développement qu’offre la compétition, les constructeurs veulent surtout prouver leur savoir-faire en matière de diesel. Leur stratégie est pragmatique… Sous la pression des constructeurs, les règlements ont avantagé le diesel.

En dehors des circuits, que conduisez-vous?
Pour l’instant, j’ai la chance d’avoir en prêt par Mercedes Colombes la nouvelle Mercedes Classe C, en Avantgarde. Très sympa! Sinon, j’ai aussi un Ford C-Max, pour un usage familial. Mon épouse aimerait bien en changer, peut-être pour le Kuga, le nouveau petit SUV Ford, lorsqu’il sortira.

Et votre voiture préférée?
Je n’idolâtre pas vraiment un modèle en particulier, même si certaines autos sont presque des oeuvres d’art: mes préférences iraient à une Aston Martin DB9 ou une Ferrari F430, qui sont magnifiques! Pour un usage personnel, une Porsche 993 me tenterait bien…

Enfin, votre programme à venir en compétition?
J’ai rejoint cette année le Speedy Racing Team Sebah, avec qui je courrerai en Le Mans Series et les 24 h du Mans sur la Lola B08/80 LMP-2, le 1er proto LMP-2 fermé. Les 1ers essais ont eu lieu le week-end dernier au Castelet!

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