Aston Martin aux 24H du Mans : 50 ans déjà, Carroll Shelby se souvient…
Publié par Mathieu Bellisario le 10 juin 2009.Classé dans Aston Martin.

Retour vers le passé. Il y a cinquante ans tout rond, Aston Martin remportait sa première victoire au Mans. Pour célébrer au mieux cet anniversaire, la firme de Gaydon a organisé nombreuses festivités. Plan serré côte-à-côte des DBR1 de 1959 et LMP1 2009, attendu ce week end sur le circuit de la Sarthe. Surtout, l’occasion d’écouter Carroll Shelby, victorieux en 1959. 85 ans et la tête pleine de souvenirs…
La mécanique laisse place à l’humain. L’Américain Carroll Shelby a tout vécu. Bien vécu. Ancien pilote de course reconverti dans la préparation musclée de voitures de series (notamment l’AC Cobra et deux dérivés de la Ford Mustang, la Shelby GT 350 et la Shelby GT 500), son plus haut fait de gloire remonte au siècle passé. Victorieux en 1959, aux côtés de l’Anglais Roy Salvadori, des 24H du Mans sous le blason d’Aston Martin.
Texan pure souche, il se souvient. Emu : « Ce furent des heures incroyables avec Aston Martin. En particulier, je me souviens des quantités industrielles d’huile que nous consommions. A la fin de l’épreuve, David Brown, alors propriétaire de la firme, prit le volant de la voiture victorieuse pour un tour d’honneur. Mais en prenant le volant de la voiture, il s’était assis dans trois centimètres d’huile ! J’en étais désolé pour lui. Quel gâchis ! Heureusement au vu des circonstances, il n’avait pas l’air de trop s’en faire. »
C’était à une époque où Le Mans empilait les unes de la presse. Un standing prisé des pilotes. « Dès lors que David Brown avait su la victoire acquise, il s’était fait beau, avec un veston neuf et tout. Cela représentait tellement de choses pour lui ! Je pense qu’il avait toujours rêvé de remporter les 24 H du Mans. »
Les temps changent
Standing et halte aux compris. A entendre Carroll Shelby, les temps changent… »Aujourd’hui, tout est différent. A l’époque, tout était affaire de compromis. Il n’y avait pas de limiteur de régime — chacun comptait sur son pied droit — et la boîte de vitesses et l’embrayage n’étaient pas très endurants. La notion d’endurance était plus forte, à cette époque-là. Une erreur et le moteur risquait l’éclatement. »
1959-2009 : le grand écart ? « En réalité, il est impossible de comparer 1959 à 2009. Je distingue deux périodes dans l’histoire de la course, mais je ne crois que l’on puisse dire de l’une qu’elle était plus facile que l’autre. C’est comme comparer des pommes et des oranges. En revanche, je suis bien certain qu’une chose n’a pas changé : la joie de la victoire ! ». A mesurer dès ce week end sur le tour de piste manceau. N’est-ce pas Audi ?
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