Essai : Audi A5 3.0 TDI Quattro S-Line
Sous le capot
Mazout, chaudière, tracteur… Les sobriquets peu flatteurs envers les moteurs sans bougies sont légion. Confessons-le, il nous arrive parfois d’y avoir recours. Fermons les yeux sur ces origines populaires, et voyons le verre à moitié plein : diesel certes, mais 6 cylindres avant tout.
Disponible même en bas du compte-tours, le 3.0 TDI s’ accommode fort bien des trajets urbains : avec 500 Nm de couple dès 1500 trs/mn, l’insertion dans le trafic n’est qu’une simple formalité, une fois familiarisé avec le gabarit conséquent et la visibilité médiocre vers l’arrière. En option, la caméra de recul et les capteurs de proximité avant/arrière facilitent les manoeuvres.
Contre toute attente, les 240 ch du V6 gasoil font même preuve d’une certaine noblesse ( certains crient déjà au scandale ) : les montées en régime affichent une vigueur époustouflante. Seul juge de paix, le chrono gratifie le 3.0 TDI d’un excellent 5,9s pour le 0 à 100 km/h, soit 2/10 de moins que le 3.2 FSI. Idem pour les relances, tout simplement explosives, et très bien servies par un étagement optimal de boîte manuelle 6 rapports. D’ailleurs très agréable, aux débattements courts et dont le pommeau tombe bien en main. Même en 6ème, le V6 repart sans broncher, pour atteindre 250 km/h en pointe. Seul reproche concernant la transmission, la 1ère est trop courte.
Le tout dans une ambiance sonore plutôt sympathique : en forte accélération au delà des 2500 trs/mn, les grognements du V6 TDI sont flatteurs ( nous n’aurions jamais pensé tenir un tel propos, pourtant… ). Vitres ouvertes, car l’insonorisation est remarquable : seuls des bruits aérodynamiques apparaissent à des allures déjà inavouables. Bref, un super-diesel, dont on regrettera juste la sonorité un peu trop typée au ralenti, mais qui a le bon goût de rester discret. En fait, ce 3.0 se comporte presque comme un bloc essence, jusqu’à 4500 trs/mn bien entendu. Et pourtant, on voudrait qu’il pousse encore, ce V6! Même si son caractère est réellement bluffant, il s’éteind là où une mécanique essence prend vie. Mais au cours de cette brève plage d’utilisation, ça déménage. Rarement un diesel ne s’était fait une telle joie de maltraiter vos cervicales…
Antoine Arnoux










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