21 fév

Berry Van Gestel en est convaincu. Cadillac peut jouer sur deux tableaux : luxe et sportivité. Le PDG France de la marque américaine souhaite ainsi remporter la bataille des berlines quatre étoiles… Sur autant de continents. Mais attention. La lutte s’annonce féroce : à l’Est, BMW et Mercedes tiennent la corde. L’arme ultime de Cadillac pour les faire lâcher ? La belle gueule du CTS 2009, affublé d’un V. Celui de la victoire ? Entretien.
Berry Van Gestel, le CTS lancé à l’automne dernier a fait l’effet d’un coup de tonnerre chez tous les passionnés de Cadillac. L’american dream a subi un bon coup de plumeau. Le CTS-V 2009 suit le même chemin ?
La partie tôlerie ne change pas énormément mais l’esprit se veut plus mordant. Les modifications essentielles portent sur le design, un avant repensé avec la nouvelle calandre, des jupes latérales. il fallait apporter ces changements pour que l’esthétique gagne en maturité.
Sous le capot, en revanche, une vieille connaissance : le moteur surpuissant de la Corvette ZR-1…
Revu à la baisse puisque le CTS-V ne répond pas aux même attentes, ni aux mêmes contraintes, notamment à propos du volume d’échappement. 550ch à 6,2 litres avec une suralimentation, c’est quand même plus que suffisant. La preuve : le CTS-V 2009 mettra moins de 5s pour atteindre les 100km/h. Rassurez-vous.
Quelles sont les autres améliorations notables ?
Trois lettres : MRC (Magnetic Ride Control), la commande magnétique des suspensions. Il s’agit d’une première pour Cadillac, même si d’autres constructeurs l’utilisent déjà. Le principe : tout se passe au niveau des amortisseurs. Dans le détail, l’huile change en viscosité en fonction des conditions de conduite grâce à un système magnétique. En schématisant un maximum, toutes les particules métalliques du liquide se retrouvent alignées et orientées dans le sens du mouvement, en lisant la trajectoire de la route. Les amortisseurs plus fermes, le véhicule épouse facilement le tracé sans jamais s’en détacher, même en agressant les rapports, en cas d’accélération brutale par exemple.
La vitesse de pointe sera-t-elle toujours bloquée à 250 km/h ?
Je ne pense pas mais cela reste à confirmer.
La concurrence entre les berlines sportives haut de gamme est plus que serrée. Cadillac a mis de l’eau dans son vin en s’inspirant davantage de la concurrence. Pour mieux s’en rapprocher ?
L’habitacle du CTS-V 2009 équivaut à celui d’une M allemande. Reste que Cadillac a encore une longueur d’avance sur ses concurrents pour tout ce qui attrait à la technologie : le CTS-V 2009 est bien pourvu de ce côté là avec un système de navigation/DVD à écran tactile, un disque dur 40 GO, une connectique iPod/Mp3, et un système Audio Bose.
“TRES ATTENTIF A CE QUI SE PASSE EN CHINE”
Le CTS-V 2009, dans ses prétentions, ressemble plus à une berline européenne. Une façon pour Cadillac de se démarquer de sa ligne très américaine, un peu datée ?
Cette image nous colle à la peau mais ce ne sont que des à priori tout à fait faux, quand on regarde attentivement la génération des CTS. Cadillac évolue avec son temps, anticipe et prétend à de nouveaux marchés. Le BLS a par exemple introduit la marque sur le segment des familiales. Avec le CTS-V 2009, nous combinons habilement les valeurs de confort, luxe et sportivité.
1900 kg à la pesée, un léger embonpoint pour votre protégé ?
Mais il faut bien ça pour obtenir des performances d’un haut niveau ! Une berline 4 portes de ce gabarit ne peut pas combattre dans la catégorie des poids plumes.
Prophète en son pays, Cadillac compte-t-il conquérir d’autres marchés à grande échéance ?
L’Europe nous intéresse fortement. Le Moyen-Orient aussi. Nous sommes aussi très attentifs au développement de l’Asie. Les chiffres du secteur chinois l’attestent : plus fort taux de croissance et deuxième marché mondial pour Cadillac.
Peut-on connaître la date de commercialisation du CTS-V 2009 et son prix ?
Il est prévu pour le mois d’octobre au prix de 70 000 euros. Nous comptons le distribuer sur les quatre continents, à hauteur de quelques unités par pays.
Propos recueillis par Mathieu Bellisario
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