Pierre-Henry Mahul (1/2) : “Morgan offre le compromis parfait entre luxe et perfection”
Combien de temps faut-il pour construire une Morgan ?
Le moteur Ford excepté, environ 400 heures, soit trente fois plus que pour une automobile “classique”. Depuis 1936, le mode opératoire de Morgan n’a pas bougé.
Décrivez-nous, étape par étape, le processus de création d’une Morgan ?
J’aime vraiment ce mot “création”. Cela résume bien l’esprit. Pour faire simple, la structure en bois, recouverte de panneaux d’aluminium, accueille le châssis, puis va s’emboîter sur la carrosserie, entourée par les ailes. Inutile de vous dire qu’il s’agit là d’un travail long, minutieux, et spécifique. A titre d’exemple, les ouvriers assemblent près de cent pièces de bois.
Quels avantages en découlent ?
L’économie des masses. Sur le marché des grandes séries homologuées, nous sommes les plus légers. 800 kg en moyenne. Je parle évidemment dans une logique “constructeur”, sans tenir compte des voitures d’assemblage, comme le poids plume Caterham.
La structure en bois de frêne, un inconvénient ?
Au contraire ! Lors des accidents, cette structure devient un atout. Le bois est un matériaux très résiliant, souple. Il se plie jusqu’à se rompre, mais se remet en place sans incarcérer ou blesser les passagers, comme pourrait le faire une feuille d’acier. Nous savons de façon empirique qu’une Morgan “protège” ses occupants en cas d’accident. Même si jusqu’à présent, peu sont à déplorer. Touchons du bois ! (Rires)
Mathieu Bellisario









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