Edouard Dizier : “Lotus, la philosophie des passions”
“LE DROIT A LA LIBERTE DE L’ERREUR”
Présentez-nous votre gamme Lotus…
Commençons par les deux modèles phares : l’Elise et l’Exige. Des voitures comme Lotus sait en faire : très modulables. L’Elise S dispose d’un moteur atmosphérique Toyota de 136 ch. L’Elise R la dépasse sur ce terrain avec ses 192 ch. Bien découvrables, elles s’adressent à ceux qui recherchent une conduite agréable, souple. L’Exige est, en revanche, plus démonstrative, très orientée sport, pour une utilisation en circuit. Le modèle S à compresseur, avec lequel je roule actuellement, ou encore l’Exige Cup sont taillés pour les pistes. L’Europa SC s’apparente, quant à elle, à une Elise plus confortable, luxueuse, portée davantage sur la souplesse que sur la puissance avec son moteur Opel 2 litres Turbo. Elle est plus destinée au marché américain. Enfin, la 2-Eleven qui pose “problème”, puisqu’elle n’est pas homologuée au niveau européen. Impossible de la croiser sur les routes de France…
Quelques mots sur la prochaine Elise SC…
Une grande inconnue. Lotus communique assez peu pour le moment. Je ne l’ai, pour ma part, pas encore essayée. Sur la base de données chiffrées, je peux vous dire qu’elle renferme un moteur Toyota de 220 ch à 8000 T. Le compresseur amène de la souplesse au couple. L’effet Turbo rend lui l’accélération plus linéaire, de 2000 jusqu’à 8000 T.
Comment définiriez vous l’esprit Lotus ?
Son fondateur Colin Chapman l’a parfaitement formulé : “Light is right“, que l’on pourrait traduire par “ce qui est léger est bien“. La législation actuelle tend à alourdir les voitures, pour des questions de sécurité notamment. A contre-courant, Lotus garde un rapport poids/puissance supérieur à la moyenne. La Porsche 997, par exemple, embarque beaucoup plus d’électronique qu’une Exige, d’où un excès de poids certain et un pilotage plus assisté. Lotus, dans sa philosophie, laisse encore le conducteur maître de son véhicule, et non l’inverse.
Lotus, c’est avant tout la notion de plaisir ?
Exactement. Les voitures modernes impressionnent beaucoup mais gomment trop cette donnée essentielle de plaisir. Lotus se positionne à l’opposé, avec un fonctionnement très à l’ancienne, ne disposant que d’une seule usine où tout est fabriqué et assemblé à la main. Le client reste le roi. Il a force de proposition et dans la conduite, les Lotus laissent encore le droit à la liberté de l’erreur. Le véhicule est suffisamment équilibré de masse pour se manier sans difficulté. Accélération freinage, tout le temps, voilà la définition du pilotage Lotus. Et quand vous taquinez les 130km/h, vous le sentez. Beaucoup moins frustrant que dans une GT3 par exemple. Les Lotus sont d’ailleurs d’excellentes voitures-écoles, idéales pour apprendre à survirer, sous-virer. Et puis vous pouvez toucher du doigt l’authenticité d’une voiture de course, très typée années 70 même sur des modèles plus récents. La Super Seven n’est pas loin.
Mathieu Bellisario







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